Sections Européennes en France

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 L'ouverture aux autres/ la dimension européenne

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Nautica
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MessageSujet: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Mar 21 Avr 2009 - 21:24

C'est un peu le leitmotiv des sections euro et consort... mais concrètement, qu'est-ce que ça veut dire? Est-ce que faire cours dans une langue étrangère permet d'ouvrir à la culture du pays?
Et comment?
- Par les supports? mais en ces temps d'europhilie et de coopération inter----, on en vient à fabriquer des manuels franco- quelque chose et les différences se diluent, sauf quand elles sont clairement estampillées (style: "les historiens français/ l'historiographie allemande" en ce qui concerne ma matière).

- Par le prof? quand il est originaire du pays. Mais bon, une seule personne ne peut pas représenter toute sa nation, et encore moins quand elle a toujours baigné dans un milieu "cosmopolite".

- Par les échanges? C'est l'aspect le plus rigolo et le plus étroit, à mon avis. Voir que l'ado allemand lambda ne bouffe que des cochonneries, c'est une vision de l'autre un peu... caricaturale!

Mais tout ça est davantage le travail du prof de LV, non?

Pourquoi, lors des épreuves de certification, on accorde autant d'importance à la réflexion sur ce sujet? Surtout, ne nous leurrons pas: les élèves qui choisissent ces filières veulent avant tout bosser dans de bonnes conditions, sans être dérangés par les glandeurs de l'établissement, et éventuellement amasser le plus de billes qui feront la différence dans des parcours plus sélectifs.
La découverte de l'autre vient en prime. C'est déjà pas mal me direz vous!


Dernière édition par Nautica le Sam 25 Avr 2009 - 19:52, édité 1 fois
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phys-chim
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Mer 22 Avr 2009 - 13:53

Tu abordes un sujet intéressant.
D'une part parce qu'effectivement les jurys qui délivrent la certification complémentaire y accordent de l'importance, et qu'il vaut mieux que le candidat ait un peu réfléchi au problème avant.
Et d'autre part parce que d'une certaine façon, cela peut-être (je ne me fais pas d'illusion excessive, mais c'est une piste ...) une façon de créer ou renforcer cette fameuse collaboration avec la LV (et pourquoi pas d'autres matières) , pour faire de la section euro une entité "open minded" sur l'Europe, ce qu'elle apporte (sans forcément occulter ses limitations.)
Cela peut aussi contribuer à "désenclaver" (si on peut oser le terme) la DNL, 5ème roue du carrosse des sections euros (on en a besoin pour qu'elles existent mais elle est toujours un peu cachée ... comme on cache une excroissance dirait une mauvaise langue) .
Il n'y a qu'à voir comme son référencement est quasi systèmatiquement absent des "annonces" concernant les sections euros, aussi bien dans les brochures officielles (style ONISEP) , que dans les "enquêtes et listages récapitulatifs" des sections euros faits par les rectorats, et souvent même dans les sites présentant les Etablissements eux-mêmes.

Donc, le prof de DNL peut rechercher ce qui dans ses "thèmes" peut aborder cette problématique, vu qu'on est quand même assez libre de ses choix. Le fil conducteur c'est de rester en rapport avec le programme de la matière en français... mais ce fil ne nous ligote pas : quelques ajouts ou débordements ne seront jamais reprochés si c'est pour privilégier l'aspect "européen".
Et je pense que cela peut prendre un aspect interdisciplinaire (même si c'est toujours délicat à mettre en place, cela suppose d'avoir des collègues intéressés et surtout prêts à une telle collaboration, à passer un peu de temps à se concerter). Je pense à la LV, mais cela peut s'étendre à l'Histoire-Géographie, à l'économie (vu de mon côté), ou bien aux sciences, à l'économie (vu du côté d'un prof d'Histoire-Géographie).
Il ne serait pas inintéressant d'ailleurs de discuter dans ce FIL (ou un autre spécifiquement créé pour cela) des "thèmes généraux" porteurs de cette inter-disciplinarité européaniste Mr.Red
Il me semble aussi que les élèves (qui peuvent avoir les motivations terre à terre citées par Nautica) expriment souvent un intérêt pour leur environnement présent et futur (ils sont nés européens) et sont aussi sensibles à ce que les "matières" enseignées au Lycée s'ouvrent un peu les unes aux autres, ce qui "aère" un peu les discours souvent trop "cloisonnés" de chaque prof dans son domaine.
Alors le TPE de première est un cadre qui peut faciliter la réflexion sur ce sujet et s'orienter concrétement dans cette voie (on peut imposer que le sujet choisi par les groupes développe cet aspect, même si ce n'est pas le coeur de leur problématique) , mais il y a d'autres occasions ... il faut avoir le souci de les créer bigsmurf
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Nautica
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Ven 24 Avr 2009 - 22:13

phys-chim a écrit:
Donc, le prof de DNL peut rechercher ce qui dans ses "thèmes" peut aborder cette problématique, vu qu'on est quand même assez libre de ses choix.
Je ne connais pas bien le fonctionement des sections euro: en fait tu choisis toi-même ce que tu vas traiter en langue étrangère?
En section bilingue, tout le programme de 3e est en LV et les 2/3 dans les autres classes de collège.
Citation :
quelques ajouts ou débordements ne seront jamais reprochés si c'est pour privilégier l'aspect "européen".
Tu as le temps de "déborder"? en Histoire-géo, c'est très difficile (l'angoisse de ne pas boucler!)
Il m'arrive de faire la part belle à une spécificité historique allemande, mais pas du tout dans une perspective "européenne".

D'ailleurs, l'Europe, qu'est-ce que c'est? Des lois, des règlements, des décisions qui sont prises on ne sait comment... Est-ce qu'il suffit de se faire rencontrer quelques jeunes de deux pays européens pour faire l'Europe? Il serait plus intéressant dans ce cas de rencontrer des Asiatiques ou des Américains car là on se rendrait mieux compte de ce qui nous unit (je pense à l'économie sociale de marché, qui existe encore malgré tout ce qu'on peut lire et entendre et qui est une spécificité (?) européenne, et donc aussi l'héritage historique -christianisme et révolution politique, industrielle...- qui marquent encore les conceptions politiques des peuples).
Mais même avec mes classes "françaises" j'insiste sur ce point (le programme de 3 le permet bien)
Citation :
à ce que les "matières" enseignées au Lycée s'ouvrent un peu les unes aux autres, ce qui "aère" un peu les discours souvent trop "cloisonnés" de chaque prof dans son domaine.
Au collège, les programmes y ont pensé malgré nous: Histoire, arts pla et Français traitent les mêmes époques.

Petite digression: en Alsace, on surfe tout le temps entre "connaissance du voisin allemand" et "redécouverte de soi" puisque l'allemand y est considéré comme langue régionale, que les élèves suivent en même temps des cours de "langue et civilisation régionale"... c'est vraiment bizarre. Il y a le mélange de nationalités (élèves ayant des grands parents ou un parent allemand/germanophone) et il y a la "conservation" de la tradition alsacienne qui passe, pour beaucoup, par l'apprentissage de l'allemand et pas vraiment du dialecte!
Je découvre tout ça cette année avec beaucoup de plaisir, car connaissant l'histoire mouvementée de cette région, une telle évolution est remarquable.
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Vincent Parbelle
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Sam 25 Avr 2009 - 4:41

Je trouve le post de Nautica (je réponds ici au post initial) un peu désabusé et je voudrais lui apporter une petite note d'optimisme en répondant à quelques unes de ses objections.

Je crois que nous sous-estimons largement le niveau de "monoculture" de nos élèves.
J’entends par là le fait que nous imaginons qu’ils savent aussi bien que nous comment on vit dans les autres pays européens ou étrangers. Après tout, ne regardent-ils pas davantage la télé que nous, ne sont-ils pas grand consommateurs de séries américaines, etc…

A part quelques élèves dans des lycées à l’étranger ou dans les rares lycées internationaux de France, les élèves ont une vue très étroite de la France et leur vision se limite souvent à leur département, auquel ils s’identifient fortement.

Citation :
- Par les échanges? C'est l'aspect le plus rigolo et le plus étroit, à mon avis. Voir que l'ado allemand lambda ne bouffe que des cochonneries, c'est une vision de l'autre un peu... caricaturale!

Le relativisme alimentaire et les stéréotypes sur « l’autre » ne sont à mon avis pas si caricaturaux que ça et je pense que toute approche commence par cela. Déjà la vaisselle utilisée au petit déjeuner est différente, alors je ne parle pas du contenu alimentaire !
On a beau l’avoir vu dans son manuel de collège, ce n’est pas la même chose de l’expérimenter en direct. Évidemment, il est préférable que ce cap là soit franchi en 4e et non en lycée.

Citation :
- Par le prof? quand il est originaire du pays. Mais bon, une seule personne ne peut pas représenter toute sa nation, et encore moins quand elle a toujours baigné dans un milieu "cosmopolite".

Nous avons, sauf exceptions, bien plus voyagé que nos élèves et nous sommes des témoins de « comment c’est là-bas ». Certes un prof étranger ne peut représenter à lui/elle seul/e sa « nation », mais il/elle a les clefs pour en ouvrir la compréhension aux élèves.
Dans une moindre mesure, nous pouvons aussi apporter ces clefs à nos élèves.
Je me rappelle une séance avec les élèves d’euro de 1ère, juste avant notre voyage à York, ou nous devions visiter le musée de la ville dans lequel est reconstituée une rue de l’époque victorienne. Pour leur permettre de comprendre les prix affichés dans les magasins de cette rue, nous avons « joué à la marchande » avec la trentaine de pièces de monnaie non décimales que je possède. Je leur ai donné ensuite un problème de calcul d’école primaire anglaise avec les unités impériales et monétaires qu’ils devaient additionner, multiplier, convertir etc.

Second point : je ne comprends pas en quoi le « cosmopolitisme » empêche quoi que ce soit ? Faut-il être « ethniquement et culturellement pur » pour être représentatif ? On retombe alors sur les stéréotypes que tu dénonces. On ne vit pas dans le monde stéréotypé de Benetton où sur les affiches les enfants sont tellement identifiables à leur nationalité qu’ils en sont artificiels.

Citation :
Mais tout ça est davantage le travail du prof de LV, non?

Était-ce au prof de LV de faire cela (la marchande, le problème d’école primaire) ? Peut-être, mais le travail sur les unités me semble bénéfique aux élèves aussi pour les sciences, même si techniquement, il s’agit plus de maths que de sciences expérimentales.



Citation :
Pourquoi, lors des épreuves de certification, on accorde autant d'importance à la réflexion sur ce sujet? Surtout, ne nous leurrons pas: les élèves qui choisissent ces filières veulent avant tout bosser dans de bonnes conditions, sans être dérangés par les glandeurs de l'établissement, et éventuellement amasser le plus de billes qui feront la différence dans des parcours plus sélectifs.
La découverte de l'autre vient en prime. C'est déjà pas mal me direz vous!


Là, je suis assez d’accord avec toi, on attend souvent des candidats qu’ils aient eu une réflexion que n’ont pas forcément des collègues qui enseignent pourtant depuis des années. Amha, cette conscience vient progressivement, au hasard des supports intéressants que l’on trouve (encore faut-il en chercher).
Si cette vision n’est pas claire chez les profs, elle a bien peu de chance de l’être chez l’élève mais je pense qu’il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » motivation pour être en section euro, même si on peut effectivement regretter certains comportements (aucun de nos élèves de première n’a voulu cette année participer au voyage organisé en Angleterre). En cela c’est une véritable aventure pour eux. Nous même n’avons pas forcément toujours entrepris certaines de nos activités pour les « bonnes » raisons.
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Sam 25 Avr 2009 - 6:00

Bon, pour ma part,, sans mésestimer les aspects du domaine de "l'affectif" ou du "ressenti", je voudrais replacer la discussion dans le cadre de ce qui nous est demandé et de ce qui peut se faire (ou pas) en DNL en section européenne, concernant "l'ouverture européenne". Peut-on l'intégrer ? Comment ?
Et cela indépendamment de notre "philosophie personnelle" qu'on ne peut certes "gommer" mais qui ne devrait pas trop empiéter sur notre pratique de professionnel Mr.Red

Je repars donc des interrogations de Nautica, pour qu'on sache dans quel cadre on évolue.


Nautica a écrit:

phys-chim a écrit:

Donc, le prof de DNL peut rechercher ce qui dans ses "thèmes" peut aborder cette problématique, vu qu'on est quand même assez libre de ses choix.

Je ne connais pas bien le fonctionement des sections euro: en fait tu choisis toi-même ce que tu vas traiter en langue étrangère?
En section bilingue, tout le programme de 3e est en LV et les 2/3 dans les autres classes de collège.

Je parlerai des sections euros de Lycée. Les textes prévoient d'attribuer à la seconde matière enseignée par le biais de la LV (rebaptisée DNL) une heure spécifique (je pense qu'elle est incluse dans le "bonus horaire" qui doit normalement être attribué aux sections euros au titre de la LV dans la DGH). Cette heure vient en plus de l'horaire normal dela matière enseignée en français. Il est même possible que le professeur de DNL ne soit pas celui qui enseigne la matière en français.
Le programme de DNL n'est pas établi, il faut choisir un certains nombres de thèmes qui "s'appuient" sur le programme.*
De toute façon avec une heure-semaine impossible de le traiter en entier.
Cela laisse donc une assez grande liberté, et AMHA il faut en profiter pour chercher des thèmes susceptibles de motiver les élèves, en prise avec l'actualité -au sens de ce qui est sujet d'intérêt, de débat, d'information récents- . Et aussi essayer de privilégier des approches par des documents audio ou vidéo (pour travailler la compréhension orale) et pas seulement des textes et des images. S'inspirer des techniques utilisées par les profs de LV pour favoriser l'expression orale spontanée des élèves. (jeu de rôles, petits exposés, travail par petits groupes avec rapporteur pour les autres etc ...)

Je mets toutefois quelques bémols à ces principes :

- dans certains établissements (pour des raisons diverses, mais l'une d'entre elles est d'économiser une heure) on n'affecte pas à la DNL d'heure spécifique. On traite la matière dans le cadre de son horaire normal, partiellement en français, partiellement en LV -avec des modalités diverses de répartition sur la semaine ou sur l'année- . On retrouve donc les conditions que tu as décrites en section bilingue (programme imposé, nécessité de boucler etc ...). J'estime que c'est une "dérive" par rapport aux textes officiels. Mais cela existe et les rectorats ferment les yeux.

- certains collègues de DNL pratiquent en faisant le cours comme ils le feraient en français mais en le traduisant. Ce que Franck le Cars appelle le premier TRA (pour traduire) dans son topo.
http://section-euro.forumactif.com/generalites-sur-les-dnl-dans-les-sections-euros-f12/la-regle-des-3-tra--traduire-transposer-et-transformer-t154.htm
Pratique qui peut à la limite se comprendre quand on débute, mais qui ne correspond pas vraiment AMHA à l'esprit des sections euros. Il faut inventer une autre pratique en ayant plus en tête la pratique de la LV comme outil de communication que le contenu spécifique de sa matière qui est un support (oserai-je dire un "prétexte") à l'utilisation de la langue pour communiquer de la façon la plus fluide et la plus spontanée possible.**
L'objectif final des candidats qui valide leurs efforts, c'est l'épreuve spécifique du Bac et elle se passe entièrement à l'oral, et le candidat peut être interrogé sur "l'aspect européen".



Nautica a écrit:

phys-chim a écrit:

quelques ajouts ou débordements ne seront jamais reprochés si c'est pour privilégier l'aspect "européen".

Tu as le temps de "déborder"? en Histoire-géo, c'est très difficile (l'angoisse de ne pas boucler!)
Il m'arrive de faire la part belle à une spécificité historique allemande, mais pas du tout dans une perspective "européenne".
Comme indiqué, avec 1h de DNL et une certaine liberté dans le choix des thèmes , c'est possible de le faire. C'est d'ailleurs prévu dans les textes d'orientations pour ces sections. Il serait dommage de ne pas profiter de ces opportunités, non pas pour tenter de plaquer cela sur des séquences qui n'ont pas grand chose à voir avec l'ouverture européenne, mais plutôt d'être soucieux de sélectionner quelques thèmes qui sont articulés autour de cette ouverture. (objectifs communautaires, collaborations etc ..)

Nautica a écrit:

D'ailleurs, l'Europe, qu'est-ce que c'est? Des lois, des règlements, des décisions qui sont prises on ne sait comment... Est-ce qu'il suffit de se faire rencontrer quelques jeunes de deux pays européens pour faire l'Europe? Il serait plus intéressant dans ce cas de rencontrer des Asiatiques ou des Américains car là on se rendrait mieux compte de ce qui nous unit (je pense à l'économie sociale de marché, qui existe encore malgré tout ce qu'on peut lire et entendre et qui est une spécificité (?) européenne, et donc aussi l'héritage historique -christianisme et révolution politique, industrielle...- qui marquent encore les conceptions politiques des peuples).
Mais même avec mes classes "françaises" j'insiste sur ce point (le programme de 3 le permet bien)
On entre là dans un débat ... qui concernerait les élections européennes de juin ....
Et ce n'est pas vraiment le lieu.
Je réponds brièvement quand même pour donner mon avis d'enseignant s'adressant à des ados et futurs citoyens
Même si la construction européenne est un peu opaque, que l'on ne se sent pas forcément impliqué, on ne peut ignorer que les institutions, les réglements, les décisions gouvernent l'essentiel de notre vie (même si on peut avoir le sentiment que cela ne va pas vraiment toujours dans le sens de ce que veulent les citoyens).
Donc ... l'entité européenne existe et on "nage" dedans.
Et sans faire de grands mots ... il vaudrait mieux qu'on en souligne les "apports et avantages" et qu'on pousse dans ce sens. Et qu'on essaye d'inciter à agir pour en gommer les aspects négatifs (après c'est une autre histoire de savoir si c'est possible... et de concilier des souhaits pas forcément convergents que ce soit entre états-nations ... ou entre groupes sociologiques transversaux à l'Europe)
Disons que construire l'Europe ... c'est bien ... à condition de comprendre laquelle et pour quoi faire.... Donc il est utile de s'informer pour tenter de l'infléchir dans cette direction.

Je rajoute, que je n'ai rien contre le fait de rencontrer d'autres populations ... mais je ne le mettrai pas en opposition avec "connaitre nos partenaires européens". Et pour les futurs étudiants que sont nos élèves, ce sont probablement d'autres européens qu'ils fréquenteront dans le cadre des programmes Erasmus. Peut-on collaborer par delà les "caractères" (réels ou supposés) des uns et des autres ? par delà les stéréotypes ? et notre rôle est de faire émerger que disposer d'une langue de communication commune ... cela permet déjà de commencer à se comprendre cyclops

Nautica a écrit:

phys-chim a écrit:

à ce que les "matières" enseignées au Lycée s'ouvrent un peu les unes aux autres, ce qui "aère" un peu les discours souvent trop "cloisonnés" de chaque prof dans son domaine.

Au collège, les programmes y ont pensé malgré nous: Histoire, arts pla et Français traitent les mêmes époques.
On peut voir les choses sous cet angle, mais cela se traduit-il par une quelconque collaboration inter-disciplinaire ?
Et tu constates comme moi que tout ce qui est sciences/techniques ... en est exclu ... alors que cela a une grande importance, et que cela est un des aspects des grands programmes européens.
Or en section euro, avec l'heure de DNL ... on peut s'intéresser à cela (mais il faut avoir cette préoccupation présente à l'esprit, c'est dans les textes officiels ... mais pas forcément traduit sur le terrain).
Comme je le signalais les TPE de 1ère qui sont basés sur un travail inter-disciplinaire peuvent aussi y contribuer si on investit ce terrain et si on y attire des collègues (de LV bien sûr, mais aussi SVT, etc ..)

Et il me semble que même si la motivation initiale d'un élève s'inscrivant en section euro en seconde (et de sa famille) est sous-tendue par des raisons diverses et variées ... nous pouvons avoir un rôle permettant, si ce n'est d'infléchir ces motivations (après tout effectivement ... il y a une part de calcul et de stratégie ... car se faire une place sociale et professionnelle n'est pas une voie toute rose dans un univers fleuri et idyllique) mais de faire émerger d'autres valeurs. Sans illusions chimériques certes ... mais sans partir battu d'avance flower

* généralement en Terminale, la liste des thèmes est décidée en début d'année (avec accord de l'IPR) afin de permettre de créer des sujets pour l'épreuve spécifique du Bac communs à toute l'Académie. Les profs qui seront jurys étant tenus d'interroger les candidats dans ce cadre. Cela n'empêche pas une liberté dans la façon d'aborder ces thèmes.

** je ne voudrais pas laisser l'impression que le contenu matière est négligé, il y aura bien sûr du vocabulaire, des expressions, et on renforcera les compétences apprises dans le programme en français, on les complétera en abordant des compléments qu'il est souvent difficile d'aborder quand on est contraint par l'avancée du programme officiel en français, mais ce n'est pas l'essentiel (du moins à mon avis)


Dernière édition par phys-chim le Lun 27 Avr 2009 - 16:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Sam 25 Avr 2009 - 15:18

Vincent Parbelle a écrit:

Je me rappelle une séance avec les élèves d’euro de 1ère, juste avant notre voyage à York, ou nous devions visiter le musée de la ville dans lequel est reconstituée une rue de l’époque victorienne. Pour leur permettre de comprendre les prix affichés dans les magasins de cette rue, nous avons « joué à la marchande » avec la trentaine de pièces de monnaie non décimales que je possède. Je leur ai donné ensuite un problème de calcul d’école primaire anglaise avec les unités impériales et monétaires qu’ils devaient additionner, multiplier, convertir etc.

Je ne veux répondre qu'à un aspect du post de Vincent ...
Celui des particularismes qui ont "une forme de persistance rétrograde".
C'est un sujet sensible, car il s'enracine dans des habitudes souvent ancestrales et ancrées profondément dans la culture des générations précédentes, et cela illustre les difficultés "de se mouvoir" (un sujet qui avait passionné Galilée Mr. Green pour les objets, mais a toute sa pertinence pour les comportements humains)
Pour ce qui est des "unités" diverses et variées ... elles sont issues du Moyen Age et du régime féodal ... quasiment chaque seigneur avait droit dans son fief de battre monnaie et de mesurer suivant ses "critères". Ce qui permettait d'ailleurs de taxer allègrement toutes les marchandises avec une opacité totale (seul le seigneur et ses acolytes avaient les instruments étalons)
http://www.direct-pesage.net/fic_bdd/pdf_fr_fichier/11871038460_Poids_avant_systeme_metrique.pdf
C'est la révolution française ... qui en plus d'avoir balayé ce régime, a créé un ministère des poids et mesures, envoyé des équipes de savants de par le monde pour faire des mesures, imposé le système métrique, déposé des étalons universels au Pavillon de Breteuil à Sèvres, étalons depuis devenus la référence internationale notamment en sciences et technologie.(on a amélioré l'étalonnage en prenant des constantes physiques plus stables, mais les valeurs choisies sont demeurées)
Il n'est donc pas anodin qu'en Angleterre et son ancien empire, et aux USA, ce soit l'ancien système "impérial" qui ait longtemps survécu.
Pour les monnaies ... l'Angleterre s'est quand même décidée pour un système décimal .... et l'ancien est définitivement passé à la trappe des poubelles de l'histoire ... donc AMHA ... on peut effectivement à l'occasion d'une visite comme celle de Vincent à York, dans un musée, le signaler, montrer combien c'était compliqué ... mais surtout insister que le système décimal ... c'est mieux.
http://en.wikipedia.org/wiki/Imperial_units
http://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9s_de_mesure_anglo-saxonnes

Pour ce qui est des masses, le système impérial a eu la "dent dure" puisque les acheteurs avaient l'habitude des "pounds" et autres joyeusetés. C'est le fait d'être dans l'Europe qui a forcé le Royaume Uni à changer et à se rallier au système d'unités universel, et même à verbaliser certains commerçants réfractaires.
On a aussi une resistance forte pour les températures avec le degré Farenheit. Alors que le Kelvin (pourtant un anglais) et le degré Celsius sont bien plus pratiques.
Les contenus des programmes scolaires sont à présent en unité du système SI ... les sujets d'examen aussi, et cela va petit à petit devenir une habitude pour tous les anglais.
Donc je suis personnellement contre de consacrer du temps à revenir sur ces pratiques antiques et de fait "hors la loi" en Europe. (sauf des circonstances particulières et ponctuelles comme celles évoquées par Vincent)

Et il n'est pas inutile de relever que les USA ... eux ... prétextent encore leur "monopole" pour camper dans le système impérial ... aussi bien pour les longueurs, que pour les masses, que pour les volumes (les gallons et autres barils). Leur "grandeur dominatrice" commençant à être écornée ... ils feront peut-être aussi leur mutation, même s'il est clair que changer les habitudes d'une population c'est difficile et long (mais si on ne commence pas à l'école ... c'est mission impossible).
On peut signaler pour montrer les conséquences néfastes de ces particularismes et immobilismes rétrogrades, que la NASA a perdu une sonde martienne (donc un programme de plusieurs dizaines de millions de dollars) il y a quelques années, parce que deux équipes étaient censées se contrôler réciproquement, mais l'une a calculé en système SI (la règle internationale) donc distances en m, vitesse en m/s et que l'autre a calculé en système impérial (miles, miles par s). Résultat erreur de déclenchement de la procédure d'entrée atmosphérique ... vitesse trop grande .... et sonde grillée puis crashée.

Donc ces histoires d'unités sont un bon exemple pour illustrer que l'UE a permis de rationaliser les pratiques et a favorisé les communications, les échanges de marchandises, de données, avec un cadre commun compris par tous. (et au delà de l'UE ... adopter le système reconnu au niveau mondial)
http://www.bipm.org/fr/si/

Peut-être des idées à creuser pour des activités en DNL Maths et Histoire-Géographie ?
http://histoire.du.metre.free.fr/fr/index.htm
http://www.metrologiefrancaise.fr/fr/histoire/epopee-mesure.asp

Mais il serait peut-être plus judicieux d'ouvrir des FILs dédiés à une réflexion sur de telles séquences dans les parties matières ? Quitte à faire des renvois d'une matière à l'autre si cela parait pertinent ? cyclops
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Dim 26 Avr 2009 - 1:27

J'ai ouvert un FIL spécifique ici :
http://section-euro.forumactif.com/modalites-de-l-enseignement-objectifs-f14/etude-du-systeme-d-unites-imperiales-conversions-utile-ou-pas-t322.htm

Ouvert bien entendu à une réflexion toutes DNL et toutes LV confondues.
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Dim 26 Avr 2009 - 19:03

phys-chim a écrit:
Je parlerai des sections euros de Lycée. Les textes prévoient d'attribuer à la seconde matière enseignée par le biais d la LV (rebaptisée DNL). Cette heure vient en plus de l'horaire normal dela matière enseignée en français. Il est même possible que le professeur de DNL ne soit pas celui qui enseigne la matière en français.
Le programme de DNL n'est pas établi, il faut choisir un certains nombres de thèmes qui "s'appuient" sur le programme.*
De toute façon avec une heure-semaine impossible de le traiter en entier.
Cela laisse donc une assez grande liberté, et AMHA il faut en profiter pour chercher des thèmes susceptibles de motiver les élèves, en prise avec l'actualité -au sens de ce qui est sujet d'intérêt, de débat, d'information récents- . Et aussi essayer de privilégier des approches par des documents audio ou vidéo (pour travailler la compréhension orale) et pas seulement des textes et des images. S'inspirer des techniques utilisées par les profs de LV pour favoriser l'expression orale spontanée des élèves. (jeu de rôles, petits exposés, travail par petits groupes avec rapporteur pour les autres etc ...)

Merci pour ces précisions; je comprends maintenant pas mal de choses...
Les bemols que tu ajoutes ensuite sont alors tout à fait pertinents.
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MessageSujet: Re: L'ouverture aux autres/ la dimension européenne   Lun 27 Avr 2009 - 16:17

Merci de m'avoir cité ... cela m'a permis de me rendre compte que lorsque j'ai relu, un oeil a biglé, et l'autre a divergé Mr.Red

Je pense que tu avais compris qu'il s'agissait d'une heure attribuée à la DNL.

J'ai corrigé dans mon texte et le passage devient (après un petit rajout, sur la DGH dont je ne suis pas absolument sûr)

Citation :
Les textes prévoient d'attribuer à la seconde matière enseignée par le biais de la LV (rebaptisée DNL) une heure spécifique (je pense qu'elle est incluse dans le "bonus horaire" qui doit normalement être attribué aux sections euros au titre de la LV dans la DGH). Cette heure vient en plus de l'horaire normal de la matière enseignée en français.

Comme il y a beaucoup de "singularités" dans les établissements, il peut arriver que :
- l'effectif devenant "lourd" on puisse créer deux groupes (ce qui est le cas dans mon Lycée pour la DNL Physique-Chimie)
C'est d'ailleurs une "demande" (j'hésite à dire "revendication" vu l'interprétation que peuvent avoir les mots) que le succès d'une section euro, ne se traduise pas par une dégradation des conditions d'enseignement (aussi bien pour l'enseignant que pour les élèves). Une base moyenne de 20 élèves par groupe me parait bien, avec un plafond de 34 élèves (ce qui est déjà bien lourd à gérer, surtout si on veut privilégier l'oral) qui déclencherait le dédoublement.

- le programme de Terminale étant lourd, l'épreuve spécifique venant assez tôt (souvent fin mai ou tout début juin) on puisse avoir une deuxième heure, qui permet en plus de traiter les thèmes* correctement, d'envisager de reconduire une sorte de mini-TPE avec présentation du travail à l'oral devant un jury, qui me parait une excellente préparation à l'épreuve du Bac. Les élèves choisissant un sujet qui les intéresse, on a généralement une bonne implication, ce qui n'est pas toujours évident lors d'une année d'examen pour ce qui reste quand même une option. study

* en Terminale le choix des thèmes à traiter est choisi pour l'académie, afin d'avoir un socle commun pour les sujets du Bac.
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